Lespâtes italiennes les plus populairessont toujours les mêmes sept, à Rome, Madrid ou New York. Ce ne sont ni les plus rares ni les plus difficiles : ce sont celles qui ont trouvé leur sauce et ne l’ont plus quittée. Voici la liste, avec le plat qui convient à chacune et l’erreur récurrente au moment de les commander.
| Pâtes | Origine | Son plat | L’erreur |
|---|---|---|---|
| Spaghetti | Sud de l’Italie | Carbonara, aglio e olio, vongole | Les commander avec un ragù bolognais |
| Tagliatelle | Émilie-Romagne | Ragù bolognais | Les confondre avec des fettuccine |
| Rigatoni | Rome et centre-sud de l’Italie | Au four,amatriciana | Les servir avec une sauce trop fluide |
| Gnocchi | Nord de l’Italie | Beurre et sauge, tomate | Les commander en s’attendant à des pâtes |
| Pappardelle | Toscane | Ragù de gibier, champignons et truffe | Une sauce qui ne fait pas le poids face à leur largeur |
| Paccheri | Campanie | Ragù napolitain,cacio e pepe | Les confondre avec des rigatoni |
| Pâtes farcies | Toute l’Italie | Beurre et sauge, bouillon | Une sauce qui masque la farce |
Il n’existe pas de nombre officiel de formes de pâtes : beaucoup sont régionales et changent de nom d’un village à l’autre. Pour la classification complète par forme, consultez notre article sur lestypes de pâtes italiennes. Ici, nous nous concentrons sur les sept que vous trouverez sur presque toutes les cartes.
Cylindriques, lisses, d’environ deux millimètres. Leur surface lisse n’accroche pas les sauces épaisses, et c’est tout leur intérêt : ils excellent avec les sauces émulsionnées à l’eau de cuisson. La carbonara, l’aglio e olio, lesvongole. Trois sauces de quatre ingrédients chacune.
L’erreur :les commander avec un ragù. La viande glisse le long des fils et finit au fond de l’assiette. Le ragù va avec les tagliatelle, numéro deux de cette liste.
Rubans plats de pâtes aux œufs, de six à huit millimètres, originaires d’Émilie-Romagne. L’œuf les rend poreux, et un ruban poreux absorbe le ragù au lieu de le laisser tomber. C’est pourquoi, à Bologne, le ragù se sert avec des tagliatelle et les « spaghetti à la bolognaise » n’existent pas.
L’erreur :les prendre pour des fettuccine. Ils sont presque identiques — des rubans aux œufs — mais les tagliatelle viennent du nord et sont un peu plus fins, tandis que les fettuccine sont romains et plus larges.
Des tubes striés à l’extérieur. Ce sont les pâtes offrant le plus de surface utile de la liste : les stries accrochent la sauce à l’extérieur et le creux la retient à l’intérieur. Elles résistent le mieux au four, car un gratin a besoin d’un support pour le fromage.
L’erreur :les associer à une sauce trop fluide. Avec une huile légère ou une sauce tomate très liquide, tout ce relief ne retient rien.
Les grands intrus de la liste :ce ne sont pas des pâtes. Ils sont faits de pomme de terre et de farine, viennent du nord de l’Italie et cuisent en deux ou trois minutes, jusqu’à remonter à la surface. Ils partagent la rubrique des pâtes sur la carte et se mangent comme elles, mais appartiennent à une autre famille.
Leur sauce classique est la plus simple qui soit : beurre et sauge. Ils se marient aussi très bien avec la tomate et le fromage frais, car leur douceur ne rivalise avec aucune saveur.
L’erreur :les commander en s’attendant à la texture des pâtes. Ils sont tendres et moelleux, ce qui surprend ceux qui ne le savent pas.
Les rubans les plus larges, de deux à trois centimètres, presque toujours frais. Ce sont les pâtes destrattorietoscanes et les seules de la liste à tenir tête à un ragù de gibier : sanglier, lièvre ou champignons d’automne au beurre.
L’erreur :une sauce qui ne soit pas à leur hauteur. Avec une telle largeur, une sauce légère disparaît ; il faut du corps pour qu’elle adhère au ruban.
Des tubes très larges et courts, originaires de Campanie. Chaque pièce est littéralement un récipient : elle se remplit de sauce et se mange presque en une bouchée. Ce sont les pâtes du ragù napolitain longuement mijoté, et elles conviennent tout aussi bien à uncacio e pepe.
L’erreur :les confondre avec les rigatoni. Les rigatoni sont étroits et striés ; les paccheri sont lisses et ont le diamètre d’un pouce.
Ici, les pâtes sont l’enveloppe et la farce constitue le plat. Ravioli carrés, tortellini en anneaux,Fagottinifermés comme de petits sacs, cannelloni roulés. Chaque région italienne possède sa version et sa farce.
L’erreur :les noyer sous la sauce. Ils se servent avec du beurre et de la sauge, une sauce tomate légère ou un bouillon, car une sauce puissante masque précisément ce pour quoi on a choisi ce plat.
Les sept erreurs du tableau sont en réalité la même erreur répétée sept fois :choisir la sauce sans regarder les pâtes. La surface de chaque forme détermine la quantité de sauce qu’elle peut retenir : de là viennent toutes les associations classiques. Ce principe va bien plus loin, et nous le détaillons forme par forme danstypes de pâtes italiennes.
Les sept figurent sur lacarte d’ÔVEN, avec la recette qui leur correspond :
Nous avons neuf restaurants proposant la même carte : huit à Madrid —Preciados, Gran Vía 6, Gran Vía 55, Fuencarral, Atocha, Prado, BernabéuetLas Tablas— et un àMurcia.
| Spaghetti | Longs et lisses, à la semoule. Sauces émulsionnées |
| Tagliatelle | Rubans aux œufs, poreux. Les pâtes du ragù |
| Rigatoni | Tubes striés. Sauces épaisses et cuisson au four |
| Gnocchi | Pomme de terre et farine, pas des pâtes. Beurre et sauge, tomate |
| Pappardelle | Rubans larges et frais. Ragù de gibier, champignons |
| Paccheri | Tubes larges et lisses. Ragù napolitain,cacio e pepe |
| Pâtes farcies | La farce tient le premier rôle. Beurre, sauge ou bouillon |
| La règle | Plus rugueuses, creuses ou larges → sauce plus épaisse. Plus lisses et fines → sauce plus légère |
Les spaghetti, par leur consommation et leur notoriété à l’étranger. Mais en Italie, la réponse varie selon la région : à Bologne, on dira tagliatelle ; à Rome, rigatoni ou bucatini ; à Naples, pâtes sèches de semoule. Il n’y a pas de favori national, mais un par région.
N’importe laquelle des sept, mais avec sa sauce. Pour choisir simplement : des tagliatelle au ragù ou des spaghetti avec une carbonara bien préparée. Ces deux plats montrent le mieux ce qui distingue les pâtes italiennes, car la sauce dépend de la forme des pâtes, et non l’inverse.
C’est possible, et beaucoup d’établissements vous le serviront. Mais la plupart des associations traditionnelles reposent sur la physique du plat, pas seulement sur l’habitude. Une sauce épaisse glisse sur des pâtes lisses, tandis qu’une sauce légère n’accroche pas dans un tube large. Si une carte italienne conserve les mêmes associations, ce n’est pas par rigidité.
Les pâtes courtes et celles au four. Des rigatoni gratinés ou des paccheri arrivent entiers grâce à leur paroi épaisse, qui évite qu’ils ne ramollissent en route. Les fils fins résistent moins bien : ils continuent de cuire dans leur propre chaleur et ont tendance à s’agglutiner. Pour des pâtes longues, mieux vaut des rubans aux œufs bien enrobés de sauce que des spaghetti avec une sauce fluide.
La répartition compte plus que le nombre. Une carte courte avec les quatre ou cinq formes principales et leur sauce adaptée est un meilleur signe qu’une très longue liste où tous les plats ont la même sauce et seule la forme des pâtes change.